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Mobilisation contre la réforme des retraites

26 septembre 2019 | Ecrit par Patrice MARCHAND |
                                   
 
Plus de 150 000 personnes on manifesté dans plus de 170 villes de France ce mardi 24 septembre, pour l’emploi et l’augmentation des salaires, plus de services publics et un régime de retraite par répartition solidaire et intergénérationnel. A Troyes nous étions 350, et 70 à Bar sur Aube.
 

Des milliers de personnes se sont rassemblées à travers tout le territoire afin de porter ces revendications légitimes. Légitimes car elles répondent aux besoins de financement nécessaires pour améliorer notre système de retraite reconnu comme un des meilleurs au monde et stopper la réforme mortifère que prépare le gouvernement.

Cette journée, marque la première mobilisation nationale interprofessionnelle et le début d’un processus de lutte contre le projet de retraite par point voulu par Macron-Delevoye qui remet en cause le fondement même de notre contrat social.

                                               

 

PRISE DE PAROLE INTERSYNDICALE CGT – FSU

MANIFESTATION DU 24 SEPTEMBRE 2019

SALAIRES – FONCTION PUBLIQUE – RETRAITE

Bonjour à toutes et à tous.

Le G7, vous savez le groupe des 7 pays réputés les plus grandes puissances avancées du monde et qui détiennent 45 % de la richesse nette mondiale, a décidé de se mobiliser contre… les inégalités. Voyez-vous ça. Il appelle même à la mobilisation générale pour les atténuer. Ce qu’un groupe de 34 entreprises mondiales, telles AXA, Danone, Goldman Sachs, L’Oréal, Henkel, ou Veolia, pour ne citer que celles-là,  s’est empressé de suivre en annonçant en grandes pompes le déblocage d’un milliards de dollars pour lutter contre les inégalités. Même le Medef a mis à l’honneur les inégalités lors de son université d’été fin août.

Les riches seraient-ils en train de prendre en compte l’humanité et la justice sociale ? Assisterions-nous à une grande prise de conscience de la part de grands groupes ?

Non. Ils sont plutôt très inquiets pour eux-mêmes et leurs propres intérêts et pour la continuité du régime économique qui les nourrit grassement. Ne nous trompons pas, ils sont unanimes pour ne pas remettre en cause un système économique soumis aux bons vouloirs des multinationales et ne profitant qu’à un nombre restreint, et cela même au prix d’une destruction systématique de l’environnement et au mépris des droits humains et/ou sociaux fondamentaux. Il n’y a aucune volonté de partager les richesses. Leur véritable motivation est de maintenir le pouvoir d’achat des classes moyennes pour préserver la société de consommation, et d’assurer au mieux pour les classes populaires un palliatif assurant leur survie.

 

On le voit bien. D’un côté les dividendes versés aux actionnaires n’en finissent pas de grimper, la France en est même championne du monde en cette rentrée 2019.  Des milliards d’euros ont ruisselé dans les poches des actionnaires et le taux de pauvreté, lui, est à la hausse : 8,8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France (fixé à 60 % du revenu médian, soit 1015 euros par mois). Dans le monde, la concentration de la richesse s’est encore accentuée, au point que les 26 milliardaires les plus riches ont désormais entre leurs mains autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité.

Macron se sacre champion du  monde contre les inégalités et son gouvernement continue à s’attaquer à un système de protection sociale qui atténue les effets de la pauvreté en le détricotant et proposant des réformes qui tirent toujours plus vers le bas.

C’est par exemple son projet de réforme de l’assurance chômage, qui pénalisera des dizaines de milliers de privés d’emploi, de l’ouvrier au cadre. Fidèle à sa logique de la justice et de l’égalité par en bas et du moins-disant social, il continue avec son projet concernant les retraites. Ne nous trompons pas, Macron nous dit qu’il réforme, pour plus d’égalité et de justice, notre système de retraite, mais au final le but est bien de répondre aux exigences de l’orthodoxie libérale.

Si les modalités précises restent floues, du point de vue économique la direction prise par la réforme annoncée est assez claire. Dans les années à venir, l’espérance de vie va continuer à augmenter, et de ce fait, la part des plus de 60 ans dans la population va passer de 26 % à 32 % d’ici 2050.  Or Jean-Paul Delevoye a fixé un cap : on peut discuter de tout mais « il y a un budget », 14 % du PIB – et c’est un maximum. 14 % du PIB, c’est le niveau actuel des retraites. Se tenir à ce chiffre alors que la part des seniors augmente, cela signifie, en pratique au mieux un gel définitif des cotisations retraite, et cela implique littéralement que les pensions vont progressivement décrocher des salaires. Ajoutons que 14 %, c’est encore trop pour une partie du gouvernement qui aimerait bien assortir la réforme Delevoye d’économies de court terme (par exemple par un report de l’âge légal, évoqué puis enterré, ou par un allongement de la durée de cotisation, programmé pour 2020 puis ajourné). En passant à un système à cotisations définies, et à rendement défini, le projet de réforme franchit un nouveau cap : dans le futur, les ajustements du système se feront uniquement par la baisse des pensions. Cette baisse laisserait toutefois chacune et chacun devant un dilemme : une retraite beaucoup plus faible à 62 ans ou une retraite un peu plus faible plus tard. Celles et ceux qui ne pourront pas travailler plus longtemps, du fait de leur état de santé, ou de la volonté des employeurs, devraient subir, encore plus longtemps qu’aujourd’hui, une période « sans emploi ni retraite ». Soyons clairs : le risque n’est pas que les générations n’aient pas de retraite, mais que pour une large part des retraités, et majoritairement les femmes, la pension de retraite se confonde avec un minimum social, faisant de la retraite l’expérience d’un appauvrissement marqué et sans espoir d’amélioration. Et laissant de la place pour un volet de capitalisation pour celles et ceux qui en auront les moyens.

Pourtant il n’y a pas de difficulté économique insurmontable : un relèvement de cotisations sociales raisonnable (de 0,2 à 0,4 point par an selon les objectifs qu’on se fixe) permettrait à la fois d’enrayer le décrochage des pensions, tout en maintenant une progression des salaires nets. La suppression de nombreuses niches sociales pour les entreprises (les exemptions de cotisations sur l’épargne salariale et les retraites supplémentaires) pourrait également fournir des ressources utiles. Cela permettrait de garantir aux salariés qui ont aujourd’hui 20, 30 ou 40 ans, la même sécurité matérielle à la retraite que la génération de leurs parents et grands-parents.

Face à ces projets néfastes et dangereux nous nous devons de porter des propositions revendicatives alternatives et innovantes.

Cette mobilisation aujourd’hui est un début. Pour nos aînés, pour nous, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, pour nos arrières petits-enfants nous avons le devoir de stopper un système économique et social qui exploite et détruit sans vergogne les êtres humains et la planète et de le remplacer par un système prenant en compte en priorité l’humain et la planète et améliorant à l’inverse la condition des enfants, des femmes, des hommes et de tous les composants de la planète. Les mobilisations sont déjà là ou se préparent dans tous les secteurs et les sujets sont nombreux : retraites, climat, salaires, services publics, énergie, enseignement…. Ces luttes, nous devons les faire converger non seulement pour faire échouer les projets destructeurs du gouvernement, du patronat mais aussi en ayant l’objectif de conquérir de nouveaux droits. Ce qui n’est pas une mince affaire, c’est sûr, mais qui est réalisable si nous nous y mettons tous.

 

Merci pour votre écoute. La lutte continue !

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